Appel à com : Journée d'étude sur Rachel Cusk
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Appel à com : Journée d'étude sur Rachel Cusk
Journée d’étude sur l’écrivain britannique Rachel Cusk, organisée par A.C.E. (EA 1796), le vendredi 18 février 2011, à l’Université Rennes 2.
Les propositions de communication (résumé de 300-400 mots accompagné d’une brève biobibliographie) sont à envoyer à Maria Tang (maria.tang@univ-rennes2.fr), Nicolas Boileau (nicolas.boileau@wanadoo.fr) et/ ou Jean-Pierre Juhel (jean-pierre.juhel@univ-rennes2.fr) pour le 15 septembre 2010. En raison de la présence de collègues britanniques, cette journée d’étude se déroulera en anglais.
Rachel Cusk fut connue sur la scène littéraire internationale en 2006 avec la publication de Arlington Park, roman dans l’air du temps sur des Desperate Housewives de la banlieue londonienne, qui a reçu un accueil critique chaleureux. Cusk était alors un auteur sans passé. Pourtant, en Grande-Bretagne, l’auteur britannique jouissait déjà d’une solide réputation, car en cinq romans et une œuvre autobiographique, elle avait déjà tracé sa voie, son travail trouvant cohérence en particulier dans la force d’une écriture précise et ciselée, tour à tour poétique et comique, aussi naturelle dans les dialogues (nombreux) que dans les récits. La publication de A Life’s Work la plaça au cœur d’une polémique à laquelle son nom reste, dit-elle, encore associé. Récompensée par plusieurs prix, Rachel Cusk semble délaissée par la critique universitaire – seuls quelques articles isolés ont paru à ce jour.
Cette journée d’étude se propose donc de poser les premiers jalons de l’analyse de cette œuvre. Arlington Park pourra y figurer en bonne place, mais aussi toutes les autres œuvres, quel que soit leur genre (voir la liste ci-dessous). Il s’agira de faire émerger les principales thématiques, qui d’ailleurs rejoignent les préoccupations de la critique contemporaine : très récemment, Cusk a publié un article dans The Guardian sur l’héritage du féminisme « Shakespeare’s Daughters », à une époque qui « reconnaît à peine sa dette au féminisme » (The Guardian, 12 Décembre 2009). On pourra ainsi s’interroger sur la manière dont son œuvre procède de ce qu’elle identifie comme le trait de l’écriture féminine, à savoir son caractère itératif, qu’elle nomme « the book of repetition ».
Alors que la critique féministe informée du postcolonialisme s’intéresse de plus en plus au rapport de l’identité au lieu et à l’espace (Susan Stanford Friedman), Rachel Cusk ne cesse de rejouer la scène du déracinement corrélative d’une dépossession de soi chez des personnages majoritairement féminins et blancs de la classe moyenne anglaise. Les épisodes de dîner, d’anniversaire, de fête ou encore d’intimité (la rencontre amoureuse, ou avec soi-même dans le miroir) ne font que dévoiler la fragilité des relations humaines. L’évidence de cette dernière entraîne souvent une fuite en avant (le personnage de The Country Life par exemple s’expatrie, s’exile en campagne inconnue). Rachel Cusk met ainsi au jour les tensions entre l’individualisme et le communautarisme, en pointant vers un univers littéralement privé, au sens où il reste inconnu et secret.
Si Cusk recourt souvent à l’introspection (ce qui explique peut-être pourquoi on la compare souvent à Woolf – autre hypothèse de lecture ?), ses personnages restent parfaitement étrangers à eux-mêmes et aux lecteurs. Cette distance, évocatrice du délitement du lien social, Cusk l’illustre dans les contextes les plus publics (l’entreprise, le travail qu’elle voit toujours comme insatisfaisant et un tantinet ridicule) et les plus intimes – jusqu’à déjouer les préjugés les plus ancrés, comme ceux concernant la maternité et le lieu du corps.
C’est pourquoi au-delà de ces questions plus thématiques, on pourra également porter l’accent sur la représentation du féminin dans ces œuvres centrées presque exclusivement sur un personnage de femme en dérive. Car ce déracinement est lié à l’échec (social, amoureux, culturel) de ces femmes (et hommes) qui sont toutes des « anti-héros ». Cusk s’intéresse aux médiocres, au banal et au quotidien pour l’ériger en universel : la sensation d’un danger (ou d'une énigme ?) qui ne trouve pas de résolution mais qui happe le lecteur, oblige les personnages au départ bien intégrés à leur milieu à accepter leur isolement.
Les propositions de communication (résumé de 300-400 mots accompagné d’une brève biobibliographie) sont à envoyer à Maria Tang (maria.tang@univ-rennes2.fr), Nicolas Boileau (nicolas.boileau@wanadoo.fr) et/ ou Jean-Pierre Juhel (jean-pierre.juhel@univ-rennes2.fr) pour le 15 septembre 2010. En raison de la présence de collègues britanniques, cette journée d’étude se déroulera en anglais.
Rachel Cusk fut connue sur la scène littéraire internationale en 2006 avec la publication de Arlington Park, roman dans l’air du temps sur des Desperate Housewives de la banlieue londonienne, qui a reçu un accueil critique chaleureux. Cusk était alors un auteur sans passé. Pourtant, en Grande-Bretagne, l’auteur britannique jouissait déjà d’une solide réputation, car en cinq romans et une œuvre autobiographique, elle avait déjà tracé sa voie, son travail trouvant cohérence en particulier dans la force d’une écriture précise et ciselée, tour à tour poétique et comique, aussi naturelle dans les dialogues (nombreux) que dans les récits. La publication de A Life’s Work la plaça au cœur d’une polémique à laquelle son nom reste, dit-elle, encore associé. Récompensée par plusieurs prix, Rachel Cusk semble délaissée par la critique universitaire – seuls quelques articles isolés ont paru à ce jour.
Cette journée d’étude se propose donc de poser les premiers jalons de l’analyse de cette œuvre. Arlington Park pourra y figurer en bonne place, mais aussi toutes les autres œuvres, quel que soit leur genre (voir la liste ci-dessous). Il s’agira de faire émerger les principales thématiques, qui d’ailleurs rejoignent les préoccupations de la critique contemporaine : très récemment, Cusk a publié un article dans The Guardian sur l’héritage du féminisme « Shakespeare’s Daughters », à une époque qui « reconnaît à peine sa dette au féminisme » (The Guardian, 12 Décembre 2009). On pourra ainsi s’interroger sur la manière dont son œuvre procède de ce qu’elle identifie comme le trait de l’écriture féminine, à savoir son caractère itératif, qu’elle nomme « the book of repetition ».
Alors que la critique féministe informée du postcolonialisme s’intéresse de plus en plus au rapport de l’identité au lieu et à l’espace (Susan Stanford Friedman), Rachel Cusk ne cesse de rejouer la scène du déracinement corrélative d’une dépossession de soi chez des personnages majoritairement féminins et blancs de la classe moyenne anglaise. Les épisodes de dîner, d’anniversaire, de fête ou encore d’intimité (la rencontre amoureuse, ou avec soi-même dans le miroir) ne font que dévoiler la fragilité des relations humaines. L’évidence de cette dernière entraîne souvent une fuite en avant (le personnage de The Country Life par exemple s’expatrie, s’exile en campagne inconnue). Rachel Cusk met ainsi au jour les tensions entre l’individualisme et le communautarisme, en pointant vers un univers littéralement privé, au sens où il reste inconnu et secret.
Si Cusk recourt souvent à l’introspection (ce qui explique peut-être pourquoi on la compare souvent à Woolf – autre hypothèse de lecture ?), ses personnages restent parfaitement étrangers à eux-mêmes et aux lecteurs. Cette distance, évocatrice du délitement du lien social, Cusk l’illustre dans les contextes les plus publics (l’entreprise, le travail qu’elle voit toujours comme insatisfaisant et un tantinet ridicule) et les plus intimes – jusqu’à déjouer les préjugés les plus ancrés, comme ceux concernant la maternité et le lieu du corps.
C’est pourquoi au-delà de ces questions plus thématiques, on pourra également porter l’accent sur la représentation du féminin dans ces œuvres centrées presque exclusivement sur un personnage de femme en dérive. Car ce déracinement est lié à l’échec (social, amoureux, culturel) de ces femmes (et hommes) qui sont toutes des « anti-héros ». Cusk s’intéresse aux médiocres, au banal et au quotidien pour l’ériger en universel : la sensation d’un danger (ou d'une énigme ?) qui ne trouve pas de résolution mais qui happe le lecteur, oblige les personnages au départ bien intégrés à leur milieu à accepter leur isolement.
Madeleine L.- Membre hors-classe

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Thèmes de recherche: Littérature anglophone, Etudes postcoloniales
Date d'inscription: 27/01/2009
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