Doctorants de l'ED 267 : Université d'été 2011

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Doctorants de l'ED 267 : Université d'été 2011

Message par A D le Ven 17 Déc - 14:33

L'école doctorale Arts et Médias (ED267) de l'Université Paris 3
organisera sa deuxième université d'été en juin 2011. En coopération
avec un réseau de partenaires européens, elle aura lieu dans le cadre
exceptionnel de l'île San Servolo à Venise, du 6 au 10 juin prochain.
Cette première édition aura pour thème "Le coût et la gratuité".

Les propositions d'intervention sont à remettre pour le 13 février 2011
à l'adresse venise2011@univ-paris3.fr . Elles seront examinées par un
comité de sélection de l'école doctorale Arts et Médias.

Pour toutes questions, contactez également : venise2011@univ-paris3.fr


Appel à communications :

« Le coût et la gratuité »


L’Université d’été européenne « Arts et médias : Le coût et la gratuité » est organisée
par l’Université Sorbonne nouvelle - Paris 3 (établissement coordinateur, France), l’Ecole
Normale Supérieure de la rue d’Ulm (France), l’Università Ca’Foscari di Venezia (Italie),
l’Università degli Studi di Udine (Italie), l’Università cattolica del Sacro Cuore di Milano
(Italie), la Lunds Universitet (Suède) et la Kabinet Divadla a filmu Sav, Slovenskej Akademie
vied (Suède).
Elle aura lieu du 6 au 10 juin 2011 à l’île San Servolo, à Venise, en Italie.
L’université d’été européenne propose de s’interroger sur le coût et la gratuité à
l’heure où les mondes de l’art et des médias semblent osciller entre le tout gratuit et une
marchandisation sans limite.
Le coût, défini sommairement, est avant tout un prix à payer, la somme nécessaire
pour obtenir quelque chose. Ce prix peut être de l’argent ou être envisagé comme l’effort, le
souci ou le temps nécessités par une action pour être menée à bien. Ainsi le coût est celui de
l’oeuvre pour l’acquéreur, le collectionneur, l’amateur, et aussi pour ses créateurs. A cet égard,
on peut, par exemple, envisager une opposition entre la conception classique de la création
artistique nécessitant un effort et la conception romantique d’un génie fulgurant. Dans le
premier cas l’oeuvre d’art résulte d’un coût, celui du labeur et de la pensée : elle est le fruit
d’un travail rationnel orienté vers une fin. Dans le second cas l’oeuvre se crée dans
l’instantanéité de l’inspiration. Deux conceptions qui peuvent aussi s’envisager à travers
l’étude de la distinction progressive de l’artisanal et de l’artistique et de ses conséquences
socio-économiques. On pourrait dans une même logique envisager les stratégies de répartition
des rémunérations – effective ou symbolique – entre les différents acteurs des processus de
production et de création.
La gratuité suppose en principe une absence de paiement. Mais cette gratuité est aussi, dans
une perspective éthique, une absence de cause ou d’intérêt. La gratuité laisse apparaître une
autonomie, une liberté de l’action dite « gratuite ». Cette liberté peut être identifiée dans
« l’art pour l’art », refus d’intégrer l’oeuvre à une logique politique et économique, mais aussi
dans le libre accès aux musées ou à la disponibilité sur Internet d’un grand nombre de
contenus (films, musique, information, émissions de radio et de télévision). Ces derniers
exemples suffisent à montrer l’ambiguïté de la gratuité : gratuité subie de l’artiste piraté,
gratuité compensée par d’autres sources de revenus des journaux dits « gratuits », ou gratuité
« calculée », guère éloignée dans cette perspective de la logique du don et du contre-don de
M. Mauss. En abordant le thème de la gratuité, l’enjeu est aussi de repenser ce qui fonde la
valeur, ce qui échappe au règne de l’échange et de l’évaluation marchande.
L’acception économique de ces deux notions pour évidente et importante qu’elle soit,
ne doit pas en occulter d’autres : symboliques, esthétiques, éthiques, politiques, sociales,
anthropologiques. L’objectif de cette université d’été est en effet d’articuler une réflexion sur
ces différents enjeux et sur la dimension économique et historique des deux termes dans une
démarche pluri et transdisciplinaire.
On peut ainsi envisager la question du coût et de la gratuité de manière concrète dans
le processus de production d’un film, mais également voir comment ces deux notions peuvent

constituer les thèmes privilégiés de certaines oeuvres ou être envisagées dans l’économie
même de la structure d’une pièce : ainsi certaines scènes peuvent paraître « gratuites », mais
cette gratuité même fait sens et peut être interrogée comme telle. Le marché de l’art, l’histoire
du mécénat, les nouvelles stratégies et les nouveaux usages liés aux nouvelles technologies,
constituent autant de pistes à explorer.
Les contributions se feront sous la forme d’interventions orales de vingt minutes au
sein d’ateliers organisés pour et par les doctorants. Les communications pourront se faire en
français, anglais ou italien. Nous insistons d’une part sur l’importance de lier les deux notions
et de les confronter, d’autre part sur la dimension concrète et empirique de la réflexion :
l’étude de cas ou d’exemples précis doit être privilégiée. La dimension théorique ne doit pas
être absente de ces propositions, mais s’élaborer dans la confrontation permanente avec des
objets d’étude précis et clairement identifiés : “ Un cas particulier bien construit cesse d’être
particulier. “ (Pierre Bourdieu, Réponses, édition du Seuil Paris 1992 p. 57)
Les ateliers seront organisés selon les axes suivants :
- Art, culture, coût et gratuité
- Production artistique et culturelle : à quel prix ?
- Amateurs et professionnels
- Histoire et évolution des pratiques artistiques et culturelles
- Création, production, diffusion et réception des oeuvres
- Le coût et la gratuité : questions politiques, dimension historique.
Pistes thématiques détaillées pour chaque atelier :
Art, culture, coût et gratuité
Les différentes acceptions de la gratuité
La gratuité : qui paie ?
Gratuité et transfert de ressources
Gratuité et désintéressement
La gratuité comme critère esthétique
Éloge de la pauvreté ?
Art et marchandisation
Le prix de l’art
Le don et l’échange
Low cost, arts et médias
Productions artistiques et culturelles : à quel prix ?
Spectacle et prix de la place
Les abonnements et les politiques de fidélisation
Télévision : le modèle publicitaire et le service public, les abonnements et le pay per view,
etc.
Les opérateurs télécom et les offres triple play
Le téléchargement, gratuit ou payant, légal ou illégal
Les produits dérivés

La gratuité comme socle de monétisation de l’audience
Les différents modèles de gratuité
Amateurs et professionnels
Être payé pour son travail, pour sa création vs ne l’être pas
Quelle est la juste rémunération d’un acte de culture ?
La rétribution symbolique ; utilité, gratitude et ingratitude
La légitimité du travail artistique
Les travailleurs culturels
L’autoproduction, le créateur-entrepreneur
Les artistes, l’art et l’artisanat
Les amateurs (théâtre, musique, peinture, littérature, photographie, cinéma, vidéo, jeux vidéo,
journalisme, etc.)
L’augmentation des contributions amateurs (blogs, forum, films, etc.) et l’évolution de la
place des professionnels
Le bénévolat dans les activités artistiques et culturelles (exemple : les musées aux États-Unis)
Les modèles contributifs, la production 2.0
Histoire et évolution des pratiques artistiques et culturelles
Systèmes anciens et nouveaux modèles
La nature d’Internet : seulement un « nouveau support » ou un nouveau paradigme qui
nécessite de changer de système de référence ?
Évolutions, transformations, mutations et ruptures vs permanences, invariances, filiations et
hybridations
Internet, évolutions des industries culturelles, transformation des usages et des pratiques
Un élargissement du spectre de la culture ?
Dématérialisation des contenus et nouveaux acteurs
La montée en puissance des distributeurs et la place de la création
Multiplication des offres et concentration de la consommation : quelle diversité ?
Création, production, diffusion et réception des oeuvres
Les processus de production, de légitimation, de diffusion et de réception des oeuvres à travers
les acteurs, les publics, les dispositifs, les institutions
Différences et complémentarités entre modes de création et processus de diffusion
Évolutions des modes de reproduction et impacts sur la nature et les formes de la création
Mondialisation et nouvelles conditions de diffusion des produits culturels : gratuité et
paiement, marché mondial et régulations (nationales et internationales)
Productions internationales, productions nationales et co-productions : leurs effets sur les
modalités de financement des créations et sur les créations elles-mêmes
Transformations des systèmes de production artistique et modes de rémunération des artistes
La création, l'espace public, l'argent, la propriété, les biens communs
Profusion, rareté, valorisation symbolique et valorisation marchande

A D
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ED /EA : ED 267, Arts du spectacle, sciences de l'information et de la communication
Thèmes de recherche : Danse Contemporaine
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