Appel à communications colloque émotions Paris Ouest‏

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Appel à communications colloque émotions Paris Ouest‏

Message par Cécile W le Mer 16 Nov - 22:27

Appel à communications pour le Colloque pluridisciplinaire de sciences
humaines et sociales

LES EMOTIONS :PRATIQUES ET CATEGORISATIONS SOCIALES

Organisé par le laboratoire Sophiapol (laboratoire de sociologie,
philosophie et
anthropologie politiques) et son équipe Lasco (Laboratoire de
socio-anthropologie du contemporain) Université Paris Ouest Nanterre la
Défense
Septembre 2012

Comité scientifique et d¹organisation : Julien Bernard (Sociologie, Paris
Ouest), Christian Lazzeri (Philosophie, Paris Ouest), Alice Le Goff
(Philosophie, Paris V), Lucie Nayak(Sociologie, Paris Ouest), Alexandra
Oeser
(Sociologie, Paris Ouest), Gabriel Segré (Sociologie, Paris Ouest)

Argument(s) et attendus :
Ce colloque entend étudier la thématique des émotions au sens large, des
courts
épisodes affectifs aux sentiments plus durables, dans une perspective
pluridisciplinaire de sciences humaines et sociales.
Cette perspective implique de ne pas réduire l¹étude des émotions et des
sentiments aux seuls mécanismes psycho-physiologiques en jeu dans
l¹expérience
émotionnelle. On considèrera plutôt que l¹expérience et l¹expression des
émotions, individuelles ou collectives, sont sujettes à des influences
sociales, historiques et culturelles.

Le colloque se propose d¹étudier ces influences à travers les pratiques et
les
catégorisations qui encadrent et donnent sens aux émotions. Par le thème des
pratiques, on entend mettre en avant l¹idée que les émotions s¹insèrent
généralement dans des cours d¹action qui, à des degrés divers, doivent faire
avec les émotions ou travailler sur les émotions des participants (qu¹il
s¹agisse de les susciter, de les mettre en forme, ou de les canaliser). De
ce
point de vue, on pourra s¹interroger sur la prise en compte pratique des
émotions à partir des effets sociaux, réels ou supposés, de leur expression
ou
de leur contrôle. Que les émotions, au niveau situationnel ou aux niveaux
politiques et macrosociologiques, produisent du changement social ou un
renforcement des différences de statuts et de pouvoir existantes, c¹est la
question des enjeux sociaux de la maîtrise de la dynamique émotionnelle qui
sous-tend cette attention au niveau pratique.

Par le thème des catégorisations sociales, ce sont les idées de la
construction
et du contrôle social des émotions qui sont mises en avant. On considèrera
en
effet que la catégorisation des émotions leur donne une communicabilité et
la
possibilité d¹être mises en sens ou en ordre. Les processus de
catégorisations
incluent l¹étiquetage et les évaluations morales relatives à l¹adéquation
des
émotions aux situations. En sanctionnant ou au contraire en encourageant
l¹expression des émotions, ces processus agissent comme des mécanismes de
socialisation des émotions et par les émotions. Ils modèlent ainsi nos
dispositions sensibles et identitaires de façon différenciées selon les
lieux,
les milieux ou les époques, tout en faisant l¹objet d¹une réinterprétation
subjective. La définition sociale des objets légitimement émouvants ainsi
que
les manières socialement approuvées d¹exprimer les émotions sont, dans ce
cadre,
susceptibles d¹influencer les projections de sens et les interprétations
personnelles ou collectives.
De manière complémentaire, l¹analyse des prises en compte pratiques des
émotions
et celle des catégorisations peut donc permettre d¹étudier la genèse et les
rôles des émotions dans des milieux ou des situations déterminées, leurs
régularités socioculturelles et historiques, ainsi que les systèmes
normatifs
et les systèmes de valeurs qui les encadrent ou les expliquent. Sont
attendues
des contributions fondées sur un corpus empirique à partir duquel seront
interrogées d¹une part les pratiques avec ou sur les émotions et d¹autre
part
leurs catégorisations sociales, profanes ou savantes.

Plusieurs axes thématiques sont envisagés.
Axes :
1. Définitions de l¹objet et réflexivités disciplinaires
Ce premier axe, à dimension épistémologique, vise à analyser les manières
dont
les chercheurs participent à la production d¹un savoir sur les émotions, par
l¹intermédiaire, notamment, de processus de catégorisation : observe-t-on,
dans
les recherches qui se réclament porter sur les émotions, des problématiques,
des
terrains, des types d¹émotions plus investis que d¹autres ? Les définitions
de
l¹objet « émotion » découlent-ils d¹un positionnement a priori ou d¹une
interprétation ex post des phénomènes affectifs étudiés dans le corpus ?
Comment le terrain lui-même influence-t-il les dénominations et la
conceptualisation des états affectifs ? Peut-on objectiver la réflexivité
des
chercheurs à cet égard ? Ces interrogations pourront utilement être
complétées
d¹une réflexion méthodologique : quelles méthodes sont utilisées pour
comprendre le vécu émotionnel des groupes sociaux étudiés (questionnaire,
observations, entretiens, récits, photographie, cinéma, etc.) et quelle peut
être l¹influence des méthodes sur les catégorisations obtenues ?

2. Cultures affectives : conformité, déviance et contrôle émotionnel
Ce deuxième axe entend s¹intéresser aux dispositions affectives qui unissent
et
caractérisent des cultures, sous-cultures ou groupes sociaux particuliers.
Comment se construisent-elles et s¹entretiennent-elles ? En quoi l¹analyse
de
ces groupes nécessite de comprendre la manière dont ils nomment, utilisent,
conçoivent et expriment leurs émotions et celles des « autres » ?
Dans l¹étude de ces « cultures affectives », on pourra s¹interroger sur les
mécanismes de contrôle social qui circonscrivent ce qu¹il convient
d¹éprouver
et/ou d¹exprimer, et qui, par là même, définissent les attitudes ou
phénomènes
émotionnellement déviants. C¹est donc ici la thématique des émotions
prescrites
(selon le genre, au travail, en politique, en famille, à l¹école, dans un
groupe
religieux, dans les passions ou activités de loisir, dans les mondes du
sport et du spectacleŠ) et la manière dont les individus l¹intègrent ou y
font
face qu¹il s¹agira d¹analyser.

3. Conflits, mobilisations et actions collectives
Ce troisième axe s¹appuie sur l¹idée qu¹une partie de la dynamique de la vie
sociale repose sur la confrontation entre différentes versions de ce que
devrait être, pour les individus, une société « idéale », « juste » ou «
bonne
», et que ces versions normatives de la société ont une dimension affective.
L¹analyse des mobilisations et actions collectives peut donc permettre de
s¹interroger sur la genèse et le rôle des émotions dans la structuration et
le
changement social.
Peut-on dépasser l¹opposition émotions/rationalité pour analyser
l¹expression
des émotions comme une pratique à la fois sociale et politique ? Les
émotions
fonctionnent-elles comme des leviers à l¹adhésion ou au rejet des systèmes
de
valeurs portant les mouvements collectifs, notamment dans les cas de
conflits
sociaux et de revendications ? Comment s¹organise globalement la mise en
cohérence entre émotions, rationalité et valeurs ? Dans le phénomène
religieux
par exemple, émotion et rationalisation de celle-ci sont-elles constitutives
des
affinités électives et porteuses d¹une dynamique propre ? Dans le champ
politico-médiatique, comment les émotions sont-elles utilisées, mises en
scène,
valorisées ou discréditées pour porter un projet ou une cause particulière ?
De
quelle manière les émotions interviennent-elles dans la construction des
règles
du jeu de ce champ et dans la lutte pour la légitimité ?

4. Privatisation et publicisation des émotions : compositions et
recompositions
Ce dernier axe se propose d¹interroger les variations et les spécificités
culturelles des formes de privatisation et de publicisation des émotions
dans
le cadre plus vaste d¹un processus de redéfinition de l¹intime et d¹un
déplacement de la frontière entre privé et public. On pourra donc
s¹interroger
ici sur le sens que peuvent avoir les catégories d¹intime, de privé et de
public, selon les sociétés et selon les époques. Peut-on dire que
l¹individualisme moderne a conduit, dans les sociétés occidentales
contemporaines tout au moins, à une intériorisation, une « privatisation »
des
émotions ? Assiste-t-on aujourd¹hui, au contraire, à un mouvement
d¹expansion
du privé dans l¹espace public (comme le laisserait supposer l¹augmentation
du
nombre de discours critiques sur cette question) et comment celui-ci se
donne-t-il à voir, notamment dans les médias ? Plus généralement, comment
étudier les formes de gouvernement privées et publiques, leur articulation
ou
leur opposition ?

Informations pratiques :
Les propositions de communication, de une à deux pages, devront préciser
l¹objet, le corpus, la méthode, le cadre théorique de la recherche et une
brève
bibliographie significative.

Elles sont à envoyer à Julien Bernard (julien [point] bernard [at]
u-paris10.fr)
et
Alexandra Oeser (alexandra [point] oeser [at] ens.fr) avant le 15 janvier 2012.

Les communications seront sélectionnées et les auteurs prévenus au mois de
mars 2012.
Un texte plus long (20 000 signes) sera attendu pour le mois de juin 2012.
Le colloque aura lieu à l¹université Paris Ouest Nanterre la Défense au mois
de
septembre 2012.
--
Alexandra Oeser
Maitre de conférence
Université Paris Ouest, Nanterre, La Défense
Bat. D,
200 av. de la République
92001 Nanterre

Cécile W
Admin

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ED /EA: 267 Arts et médias/ Ircav/ EnsadLab
Thèmes de recherche: Esthétique et muséologie de l'art contemporain / Le récolement et la conservation des objets numériques/ L'histoire de l'image de synthèse en France.
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