L'image peut-elle nier ?‏ Liège 15 et 16 décembre

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L'image peut-elle nier ?‏ Liège 15 et 16 décembre

Message par Cécile W le Lun 28 Nov - 10:45

L’image peut-elle nier ?
Explorations dans les domaines artistique et scientifique





Salle de l’Horloge, Université de Liège,



15 et 16 décembre 2011







Comité d’organisation : Sémir Badir et Maria Giulia Dondero



Comité scientifique : Sémir Badir, Anne Beyaert-Geslin, Denis Bertrand, Jean-François Bordron, Maria Giulia Dondero, Jacques Fontanille, Jean-Marie Klinkenberg




Argumentaire



La négation est une propriété qu’on assigne d’ordinaire aux langages, naturels comme formels. Ses manifestations ont été relevées sur un très large registre de moyens sémiotiques : connecteurs syntaxiques, affixes, lexies, interjections… Certaines formes de négation ne sont pas isolables dans l’expres​sion(par exemple, rater, manquer), d’autres ont leur expression en partage avec la forme positive corrélative (tel personne). L’hypothèse sémiotique selon laquelle l’image est justiciable d’une analyse en termes de langage invite à ce que l’on postule également à son endroit la propriété de négation. L’image peut-elle nier ? Si oui, comment le fait-elle ? On remarque aisément que, en dehors des cas triviaux d’usage d’un symbole ou quasi-symbole (croix, barre oblique, couleur rouge, etc.), les formes de négation de l’image sont toutes « indirectes ». C’est à explorer le parcours que prend la négation dans l’image et à consigner ses possibilités de manifestation en fonction des spécificités sémiotiques du visuel que le présent colloque est consacré.

En l’occurrence, les spécificités sémiotiques les plus utiles à la description de la négation dans l’image nous paraissent relever de ce qu’on a coutume d’appeler l’énonciation. Aussi est-ce à partir des modes d’existence et des instances énonciatives que l’on suggère de mener cette exploration.

Les modes d’existence des figures visuelles permettent d’évaluer leurs degrés de présence au sein d’une énonciation globale. Les figures peuvent ainsi être virtualisées, figures absentes dont le manque même est manifesté (par exemple à travers un espace vide dans la topologie de l’image) ; elles peuvent être potentialisées, notamment quand elles sont en attente d’un développement ; elles peuvent encore être actualisées, c’est-à-dire présentes dans l’image mais faiblement assumées, ou cachées, ou équivoques. Il s’agirait, à partir de ce cadre théorique, d’évaluer les degrés de présence de la négation dans l’image. Quelles sont les forces (au sens deleuzien, voir Logique de la sensation, 1981) qui entrent en dynamique et permettent à la négation de se manifester ? Par exemple, la non-figuration d’une valeur positive assertée précédemment suffit-elle à la manifestation d’une négation (à ce sujet, voir l’analyse de Rencontre de deux sourires de Max Ernst dans J. Fontanille « Le trope visuel. Entre présence et absence », 1996) ? Quant aux instances énonciatives, elles permettent de rendre compte des possibilités d’assomption de l’image par différents acteurs, étayant de ce fait une stratification de points de vue discursifs particuliers. Or l’éventualité de rapports de divergence entre ces instances énonciatives implique des formes de négation. Il s’agirait ainsi de regarder, notamment, comment des isotopies peuvent entrer en conflit en fonction de positions énonciatives dont l’une démentirait ou à tout le moins mettrait à mal les autres.

Au-delà de ces formes de manifestation, il devrait apparaître clairement que les valeurs propres à la négation dans l’image dépassent de loin son seul sens logique de contradiction. Il s’agirait dès lors de voir comment l’image rend pertinentes d’autres acceptions de la négation, en alléguant des champs sémantiques divers. En particulier, on peut envisager une acception méréologique, où l’organisation globale permet de reconnaître et donner sens aux relations entre les vides et les pleins, une valeur narrative, où il s’agit souvent de positionnements négatifs permettant de réinitialiser une histoire, et une acception métaphysique (quand on fabrique, en arts comme en sciences, des formes expérimentales pour ce qui n’a pas de tangibilité apparente et qu’il ne paraît possible de décrire que négativement — Dieu, l’antimatière, etc...).

Enfin, il importerait également de statuer sur les niveaux de pertinence où la question de la négativité intervient : celui de l’image-texte (y compris les phénomènes d’intertextualité), celui du genre et celui du statut social. La négation peut-elle opérer à un seul niveau, ou bien est-ce seulement dans le passage d’un niveau à l’autre que la négation se manifeste ? Il s’agirait de comprendre, à partir de corpus contrastés, appartenant au domaine artistique comme au domaine scientifique, quels sont les types de représentation qui sont conjugués au négatif : la possibilité de nier dépend-t-elle des règles en vigueur dans un domaine, règles qui ne vaudraient pas nécessairement dans l’autre ? Chaque statut a-t-il une manière particulière et privilégiée d’utiliser la négation ?


Programme



Jeudi 15 décembre 2011



Salle de l’Horloge (2e entresol, Bâtiment central, place du XX août 7, 4000 Liège)



9h00-9h30 Accueil et ouverture par Sémir Badir et Maria Giulia Dondero



9h30-10h15 Jean-François Bordron (CeReS, Université de Limoges)

Modes de la négation iconique



10h15-11h Marion Colas-Blaise (Université du Luxembourg)

Reproduction sérielle et citation de l’image : répéter, est-ce nier ?



11h-11h15 Pause



11h15-12h00 Anne Beyaert-Geslin (CeReS, Université de Limoges)
La négation de la compétence



12h00-12h45 Maria Giulia Dondero (FNRS/Université de Liège)

La négation énonciative par niveaux : du texte visuel au statut



Repas



14h30-15h15 Philippe Lombard (Archives Poincaré, Université de Nancy 2)

Métalepses du regard



15h15-16h00 Caroline Jullien (Université de Liège, Archives Poincaré, Université de Nancy 2)

Sur quelques figures de l'infini



16h00-16h15 Pause



16h15-17h00 Odile Le Guern (ICAR, Université de Lyon II-Lumière)

De quelques pratiques énonciatives pour une négation par l’image



17h00-17h45 Ivan Darrault-Harris (CeReS, Université de Limoges)

De l'allégorie à la scène mythique : de quelques assertions et négations iconiques





Vendredi 16 décembre 2011



Salle de l’Horloge (2e entresol, Bâtiment central, place du XX août 7, 4000 Liège)





9h30-10h15 Bernard Vouilloux (Université de Paris-Sorbonne)

Entre ceci et cela. Négation linguistique, dénégation iconique



10h15-11h00 Gian Maria Tore (Université du Luxembourg)

L’image peut-elle énoncer ?



11h00-11h15 Pause



11h15-12h00 Valérie Angenot (Université de Liège, Université Catholique de Louvain)

& Jean Winand (Université de Liège)
L’image égyptienne peut-elle nier ?



12h00-12h45 Sémir Badir (FNRS/Université de Liège)

Figures de la négation chez Magritte



Repas



14h30-15h15 Denis Bertrand (Université de Paris Cool

Titre à confirmer



15h15-16h00 Carolina Lindenberg Lemos (Universidade de São Paulo, Université de Liège)

L’absence et l’interruption dans un parcours interprétatif d’une installation de Dany Danino



16h00-16h30 Jean-Marie Klinkenberg (Université de Liège)

Conclusions

Cécile W
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