"Accents et styles. Une étude à base de perception et d'analyses acoustiques à travers le traitement automatique de la parole" soutenance‏

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"Accents et styles. Une étude à base de perception et d'analyses acoustiques à travers le traitement automatique de la parole" soutenance‏

Message par Cécile W le Dim 13 Mai - 22:26

Ce travail en vue d'une HDR en Sciences du langage a été réalisé notamment à l'appui d'analyses de corpus radiophoniques et télévisuels. A ce titre au moins, il pourra donc intéresser certains abonnés de la liste du Gram.



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Philippe Boula de Mareuil
soutiendra son thèse d'habilitation à diriger des recherches (HDR) en sciences du langage à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3). La thèse est intitulée :


Accents et styles

Une étude à base de perception et d’analyses acoustiques

à travers le traitement automatique de la parole.



La soutenance aura lieu le vendredi 1er juin 2012 à 14 heures,

Maison de la recherche (salle extérieure), 4 rue des Irlandais, 75005 Paris,



Le jury sera composé de :

Martine Adda-Decker,

Nigel Armstrong,

Jacques Durand (rapporteur),

Noël Nguyen,

François Pellegrino (rapporteur),

Jacqueline Vaissière (directrice).



Résumé :

Outre le changement diachronique, la littérature sociolinguistique distingue quatre dimensions dans lesquelles peut se déployer la variation : diatopique (régionale), diastratique (socioculturelle), diaphasique (« stylistique », intra-locuteur) et diamésique (de médium oral/écrit). Cette réalité est assez bien recouverte par des termes appartenant au vocabulaire courant : ceux d’accents et de styles de parole. Articulé autour de ces deux problématiques, ce travail combine des approches à base de tests de perception et d’analyses acoustiques pour rendre compte de la variation en lien notamment avec l’origine géographique et linguistique des locuteurs (les accents), ainsi qu’avec la situation de communication (les styles). Il a bénéficié d’importantes quantités de données que les instruments de mesure dérivés du traitement automatique de la parole permettent de brasser, pour quantifier certaines tendances.

Ce travail cherche d’abord à modéliser les processus d’identification et de caractérisation d’accents régionaux et étrangers en français. Des expériences perceptives ont été menées et des analyses acoustiques ont été effectuées, au moyen d’un alignement automatique en phonèmes pouvant inclure des variantes de prononciation correspondant à des accents du Midi, de Belgique, d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb, à des accents allemand, anglais et portugais, parmi d’autres. Au total, plus de 100 heures de parole en français avec accent régional ou étranger ont été analysées. Certains des traits de prononciation les plus discriminants, comme la réalisation des voyelles nasales en français méridional ou la réalisation du schwa, postériorisé et fermé, en français prononcé avec un accent portugais, ont ainsi pu être hiérarchisés par des techniques d’apprentissage automatique.

La parole véhiculant à la fois des informations phonémiques et prosodiques, nous nous sommes concentré sur le rôle de la prosodie dans la perception d’un accent étranger (espagnol, italien, polonais, parmi d’autres), de l’accent dit « de banlieue » et du style journalistique, dont nous avons étudié l’évolution depuis les années 1940 à travers des archives de bulletins d’informations. Pour ce faire, différentes techniques de recopie et de modification/resynthèse de prosodie ont été utilisées. La contribution de la prosodie a ainsi été mise en évidence, en particulier pour l’accent de banlieue (avec une chute abrupte de fréquence fondamentale avant une frontière prosodique) et le style journalistique des années 1940–1950 (avec une tendance à l’accentuation initiale plus marquée que dans les décennies ultérieures).

La parole spontanée telle qu’on peut la rencontrer dans des dialogues ou des interviews a été étudiée, à travers un corpus de 35 heures de dialogues finalisés (comparé à un corpus de 100 heures de lecture du journal Le Monde) et un corpus d’une dizaine d’émissions de L’heure de vérité. Par rapport à la lecture oralisée, la parole spontanée montre en particulier davantage de schwas et de liaisons (au moins 12 % de différence). Par ailleurs, elle est caractérisée par la présence d’un certain nombre de disfluences (hésitations, répétitions et faux départs) et de marqueurs discursifs (totalisant au moins 8 % des mots) ainsi que de chevauchements de parole (en moyenne 3–4 par minute ) qu’on ne retrouve pas dans la langue écrite.

La modélisation de la variation et de sa perception est d’une grande importance pour comprendre comment le langage peut évoluer. En guise de conclusion et perspectives, des orientations pour des travaux futurs sont proposées, notamment pour mieux prendre en compte le fait social et pour articuler accents, styles et parole expressive.



Vous êtes cordialement invités à cette soutenance ainsi qu’au pot qui suivra.



Philippe Boula de Mareüil
mareuil@limsi.fr


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Cécile W
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