La désaffection des jeunes pour les filières scientifiques

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La désaffection des jeunes pour les filières scientifiques

Message par CecileC le Mar 26 Jan - 11:32

Trouvé dans La Croix http://www.la-croix.com/Comment-enrayer-la-desaffection-des-jeunes-pour-les-filieres/article/2411955/4076

Si les chercheurs et enseignants-chercheurs avaient des conditions de travail et des salaires décents, la filière serait peut-être plus attractive...
On ne peut pas dans un même souffle demander aux jeunes de s'orienter en fonction des "débouchés" et du "marché du travail", et déplorer que personne ne veut être scientifique puisque... il n'y a pas de poste !

5/01/2010 16:51
Comment enrayer la désaffection des jeunes pour les filières scientifiques


Si le nombre d’inscrits en première année de sciences à l’université continue de diminuer, plusieurs actions en maternelle, au collège et au lycée tentent de remédier à la désaffection pour les sciences

Les sciences n’attirent plus beaucoup les jeunes. « Quand j’étais en terminale S au lycée Montesquieu d’Herblay (Val-d’Oise), sur un peu plus d’une trentaine d’élèves, une quinzaine se sont lancés dans des études de médecine, quelques-uns ont été pris en école d’infirmerie et une dizaine en classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs ou de commerce, se souvient Sophie, 21 ans, aujourd’hui étudiante en 2e année de licence de sciences de la Terre à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris. Finalement, nous n’étions que deux à nous être inscrits en 1re année à l’université », poursuit celle qui veut devenir océanographe.

Alors que tous ces élèves avaient une bonne formation en sciences exactes (maths, physique, chimie, biologie, géologie), pourquoi sont-ils si peu à s’inscrire dans une filière scientifique à l’université ? « Beaucoup veulent être sûrs d’avoir un emploi, certains souhaitent gagner beaucoup d’argent et choisissent les écoles de commerce, d’autres encore optent pour médecine parce qu’ils ont été influencés par les séries télévisées comme Urgences ou Les Experts », poursuit-elle.

Ce phénomène n’est pas tout à fait nouveau. Entre 2000 et 2008, selon les ministères de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche, le nombre d’étudiants inscrits dans les formations scientifiques de l’université (hors IUT) a baissé de 10,2 %, et même 19,2 % en sciences fondamentales (maths, physique, chimie). Entre 2000 et 2007, la baisse n’était que de 6,1 % et 13,5 %.

«Nous aidons nos étudiants à trouver des stages»
Cette tendance est générale à tous les pays développés membres de l’OCDE. Soucieuse d’une telle évolution, cette organisation a diligenté une enquête il y a quelques années. Il en a résulté trois explications : l’explosion du nombre de divorces à la suite desquels les enfants, confiés le plus souvent à leur mère, semblent moins initiés aux sciences et aux techniques ; la croissance du secteur tertiaire aux dépens de l’industrie ; enfin le succès scolaire des filles, plus attirées par les sciences humaines et sociales, la biologie ou la médecine.

Il existe toutefois des exceptions, comme à l’université Pierre-et-Marie-Curie où le nombre total d’étudiants en sciences en LMD (licence, maîtrise, doctorat) est resté constant de 2003 à 2008 (11 400 inscrits). Même chose à l’université de technologie de Compiègne, où l’on sélectionne sur dossiers. « À la rentrée 2008, nous avons eu + 15 % de candidatures et en 2009 + 30 %, explique Nadine Luft, chargée de communication. Cette attraction s’explique notamment par le fait qu’une partie du cursus est “à la carte” et que nous aidons nos étudiants à trouver des stages, qui sont souvent l’antichambre d’un emploi », poursuit-elle.

Des ‘‘leçons de choses’’ à la maternelle
« Le désamour pour les sciences touche surtout la physique, la chimie et commence à atteindre les maths, la biologie étant encore épargnée, explique Étienne Klein, du CEA. Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les formations professionnalisantes plutôt qu’académiques, ils sont plus pragmatiques, veulent aller vite et ne sont pas prêts à passer des années sur un sujet de recherche. Il n’empêche, la France doit continuer de former des professeurs et des ingénieurs compétents, car il faut garantir la transmission de nos connaissances scientifiques et techniques », insiste le physicien.

Les remèdes ? « Il en existe, insiste Yves Quéré, physicien et membre de l’Académie des sciences. Il y a l’opération “La main à la pâte” que nous avons créée en 1996 avec Georges Charpak et Pierre Léna, qui propose des ‘‘leçons de choses’’ à la maternelle dès l’âge de 3 ans. Aujourd’hui, environ 40 % des petites classes font des expériences de sciences avec l’élevage d’animaux (escargots, insectes) ou avec un globe terrestre pour expliquer l’alternance entre le jour et la nuit », poursuit-il.

Une pédagogie du “corps à corps”
Depuis 2006 existe aussi au collège « l’expérimentation d’enseignement intégré de science et technologie » (EIST) : chaque semaine, trois heures et demie de science et technologie sont dispensées à des groupes de 20 élèves par le professeur de physique-chimie, de SVT ou de technologie travaillant en équipe. Pour l’instant, une cinquantaine de collèges proposent cette possibilité.

Enfin, dans les classes S du lycée, s’est mise en place depuis 2000 l’opération « Science à l’école », animée par l’astronome Pierre Encrenaz et axée sur les questions d’astronomie, avec séances d’observations au télescope et calcul de trajectoire sur ordinateur.

Cela suffira-t-il ? «Je ne crois pas que le goût de la science reviendra par Internet ou la télévision, observe Étienne Klein. Je crois plutôt au cours, aux conférences, à une pédagogie du “corps à corps”, à la transmission devant un petit groupe d’étudiants. Au tableau noir. C’est là que ça se passe ! »
Denis SERGENT

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